Sanofi, Dupixent et cromoglycate de sodium

Dans un communiqué de presse du 7 mai 2019, Sanofi annonçait la mise sur le marché de son médicament Dupixent (dopilumab), un anticorps monoclonal pour le traitement de l’asthme sévère. Cependant, les réactions secondaires font état de rares cas de chocs anaphylactiques dans les essais précliniques, un paradoxe pour traiter un asthme.

https://www.sanofi.com/fr/media-room/communiques-de-presse/2019/2019-05-07-15-00-00

https://www.capital.fr/entreprises-marches/sanofi-dupixent-approuve-dans-le-traitement-de-lasthme-severe-par-la-commission-europeenne-1337469

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L’annonce de la mise sur le marché de cette nouvelle molécule qui fait suite à d’autres molécules de la même classe (omalizumab, Xolair de Novartis fin 2006) a pour but de freiner la production d’immunoglobulines E, anticorps de l’allergie, avec les mêmes effets secondaires possibles de chocs anaphylactiques et évidemment d’autres effets secondaires possibles.

Par un curieux hasard, Sanofi cessait le 31 mars 2019, donc un mois auparavant, la commercialisation du cromoglycate de sodium (Lomudal), une molécule stabilisant les mastocytes tissulaires découverte par Roger Altounyan en 1965 pour l’entreprise Fisons, rachetée par Rhône-Poulenc en 1995 et ensuite Sanofi en 2011: 

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Le cromogylcate de sodium est partout accessible en collyre ou en spray nasal pour un prix modique en générique…et alors que cette molécule n’a que très peu d’effets secondaires, on peut se demander pourquoi l’avoir totalement supprimée en formulation inhalée du marché pharmaceutique pour une molécule beaucoup plus onéreuse…et avec des effets secondaires potentiels !

Sanofi a également fait la promotion de Dupixent pour une autre indication, la dermatite atopique dans les mois suivants…alors que l’étiologie des dermatites atopiques demande à être résolue en première instance (multiples allergènes de l’environnement et donc éviction lorsque possible). Pour une autre maladie de la peau, la dermite « séborrhéique », décrite depuis 1887, une recherche précise d’un facteur déclenchant dans l’environnement, la nicotine de la fumée de tabac passive a été déterminant pour trouver une solution simple et peu coûteuse:

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On sait également depuis la fin des années soixante-dix que le développement de crèmes contenant du cromoglycate de sodium était une solution bénéfique aux patients atteints de dermatites atopiques ou dermites « séborrhéiques » pour leur éviter des corticoïdes locaux qui allaient entraîner une dépendance inutile et des effets secondaires redoutables, juste favorable pour les finances de grands groupes pharmaceutiques…

https://blogs.mediapart.fr/bernard-sudan/blog/041118/une-alternative-aux-corticoides-locaux-existe-depuis-quarante-annees

On attend donc avec impatience que la forme générique du Lomudal soit rapidement remise sur le marché pharmaceutique afin que la seule option d’un anticorps monoclonal à un prix exhorbitant ne soit pas une obligation pour les patients, de même pour les formulations galéniques car nous savons que le cromoglycate de sodium n’a que peu d’effets secondaires !

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