Les coups tordus de la recherche en médecine (1) : la dermite séborrhéique et l’haptène nicotine

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http://blogs.mediapart.fr/blog/bernard-sudan/260712/les-coups-tordus-de-la-recherche-en-medecine-1-la-dermite-seborrheiqu

et

http://www.jacques-benveniste.org/

Mon manuscrit original (1) décrivant une dermatite familiale impliquant l’haptène nicotine de la fumée de tabac a été publié dans la revue Allergie et Immunologie (Paris) dont l’éditeur était Georges Halpern alors que ce même manuscrit avait été soumis au comité de lecture de la Revue Française d’Allergologie et d’Immunologie Clinique fin 1977. Nous étions alors en 1978 et j’avais envoyé pour information mon manuscrit à Halpern sans lui demander une quelconque publication…Mon manuscrit original n’avait plus que quelques points mineurs à modifier dans la Revue Française d’Allergologie et d’Immunologie Clinique pour être publié et quelle ne fut pas ma surprise en voyant ce même manuscrit publié dans Allergie et Immunologie avec une note éditoriale particulièrement calomnieuse:

N.D.L.R. – « La rédaction d’Allergie et Immunologie a tenu à publier ce texte qui fera certainement secouer d’hilarité des dermatologues. En effet, il s’agit typiquement de dermite séborrhéique du visage comme on peut en rencontrer tous les jours et où de très nombreux facteurs s’intriquent dont les facteurs vasculaires. La fumée de tabac et plus particulièrement la nicotine jouent sur la motricité et l’innervation des capillaires, provoquant des phases de vasodilatation et de vaso-constriction. L’exposition à la chaleur, au froid, les émotions, provoquent les mêmes troubles et la même séquence fort bien décrite par son auteur. On voit ainsi le danger qu’il peut y avoir de tout vouloir ramener à l’allergie sous prétexte qu’un test biologique a été positif, qu’une hérédité, allergique, atopique, est constatée. On peut fort bien avoir deux affections concomitantes sans qu’il y ait de lien entre elles. Lorsqu’on connaît un peu la pharmacologie des substances, on peut s’éviter de construire un château de cartes qui s’écroulera au vent du bon sens. » (signé Georges Halpern, note de BJLS)

En 2012, l’hilarité a changé de camp…et les dermatologues sont les dindons de la farce ! On peut en effet noter l' »argumentation scientifique » de ce pauvre éditeur ne reposant sur aucuns tests reproductibles (par exemple, l’exposition à la chaleur…, au froid…, les émotions…, etc.): il s’agissait pour Halpern soutenus par « ses chers confrères » de « casser » une thèse originale soutenue par une argumentation fondée qui par la suite convaincra de nombreux comités de lecture anglais et américains…La recherche française qui tire sur tout ce qui bouge un peu venait de montrer son véritable visage, celui d’organiser de multiples Téléthons et d’avoir des résultats nuls après 25 années de spectacle !

En août 1978, je revenais de cure thermale à Saint-Gervais où deux dermatologues (le père et le fils) fumaient comme des pompiers et évidemment pour ces « scientifiques dermatologues » la fumée de tabac ne provoquait rien et surtout pas la fumée de tabac passive ! C’était l’époque où les Raymond Barre, Jacques Chirac, Simone Veil ou Michel Rocard fumaient aussi comme des pompiers…et j’en oublie !

A cette époque, ces brillants « chercheurs » proposaient l’astémizole comme anti-allergique, une molécule retirée du marché à cause de ses effets secondaires majeurs cardiaques et  le risque d’agranulocytose… Il ne faut surtout pas oublier une autre molécule anti-allergique, la terfénadine, également retirée du marché pour ses effets secondaires cardiaques…et particulièrement des torsades de pointe !

Cet éditeur s’est recyclé entretemps et sa biographie (2) est particulièrement éloquente: « Ses recherches personnelles, depuis 1992 portent sur le rôle positif du Plaisir. Il est Commandeur dans l’Ordre National du Mérite Agricole pour ses contributions originales en oenologie et gastronomie ». Sans commentaire…

La suite des événements m’a confirmé dans ma thèse originale qui ne faisait pas plaisir à tout le monde et spécialement aux dermatologues qui préféraient prescrire des crèmes corticoïdes et traiter symptomatiquement sans étiologie précise comme le précisait fort bien un certain Jean-Paul Escande en 1975 (3)…:

« Traiter une dermatose symptomatiquement sans s’être posé auparavant la question d’une étiologie précise, est une véritable faute professionnelle. Et pourtant que de mycoses traitées par les corticoïdes locaux! »

Les dermatologues prescrivaient des corticoïdes locaux contre la dermite soi-disant séborrhéique en impliquant sans preuve le stress, le chaud, le froid, les émotions et quoi encore ! Pauvre médecine et pauvre recherche !

J’ai publié la présence d’anticorps IgE spécifiques dirigés contre l’allergène tabac dans mon sérum dans la célèbre revue Annals of Allergie aux USA, test réalisé par Samuel B. Lehrer de l’Université Tulane à la Nouvelle Orléans (4). Brusquement, les bureaucrates de la dermatologie devaient encaisser alors que le test de dégranulation des basophiles humains de Jacques Benveniste était encore beaucoup plus sensible que le RAST (RadioAllergoSorbentTest). A cette époque, les autres « chercheurs en allergologie » (Dry, Leynadier, de Weck, etc.) tentaient vainement de rattraper Jacques Benveniste sur le test de dégranulation des basophiles humains (TDBH) mais ce dernier avait l’avantage de pouvoir travailler à la « paillasse » …ce qui fait la différence dans la recherche car nous sommes alors au contact de la réalité. On pourrait conseiller aux dermatologues d’avoir eux-mêmes un syndrome dermatologique pour être plus efficace dans la découverte de l’étiologie de leur propre réaction.

Pour l’histoire, le style de « note de l’éditeur » calomnieuse sera utilisé dix ans plus tard par John Maddox, l’éditeur conservateur de Nature pour bloquer impérativement les travaux de Jacques Benveniste publiés (5) dans cette revue britannique, pour éviter une nouvelle orientation de la recherche dans le domaine des basses fréquences et pour éviter la ruine de l’industrie pharmaceutique qui entretemps a pu écouler ses stocks de Vioxx et autres Coxcibs ainsi que le tristement célèbre Médiator.

L’anaphylaxie cutanée passive chez le lapin avec l’allergène tabac et avec l’haptène nicotine était aussi positive, test confirmé (6)  pour tous les sera de ma famille présentant la même « dermite soit-disant séborrhéique »…par Alain de Weck de l’Inselspital de Berne, ce dernier préférant ne pas continuer dans cette recherche trop prometteuse tout en me demandant de retirer mon manuscrit original pour publier « ensemble » !  Pas de chance, Halpern qui pensait me « griller » me sauvait en publiant ma thèse originale ! La vie est bien faite, il faut simplement un peu de patience et comme disait un certain François Mitterand qui décorait Jacques Servier le 21 mai 1985.., « il faut laisser le temps au temps ». Nous connaissons la suite avec le Mediator.

Une autre déconfiture attendait nos célèbres dermatologues qui avaient réussi tous leurs examens en répondant à des QCM (questions à choix multiples): « la dermite séborrhéique est due à une hypersecrétion de sébum ». Pas de chance, des chercheurs anglais ont mesuré en 1983… le taux de sébum dans deux groupes de patients avec ou sans DS (dermite séborrhéique) et le résultat strictement similaire pour les deux groupes « fait secouer d’hilarité » le chercheur à part « docteur en rien » que je suis: un siècle pour obtenir un tel résultat (7,8), ce n’est pas brillant et c’est grave d’avoir roulé dans la farine des millions de patients en prescrivant des crèmes corticoïdes et en faisant « travailler » les pharmaciens ainsi que les laboratoires pharmaceutiques pour rien (9,10,11).

Durant plusieurs décennies, les dermatologues ainsi que toute la « recherche » médicale a tenté d’occulter mes résultats pour d’une part ne pas nuire à l’industrie du tabac et d’autre part à l’industrie pharmaceutique qui écoulait ses crèmes et pommades prescrites par les médecins généralistes et dermatologues.

Les derniers résultats confirment la présence d’histamine sur la peau de patients atteints de DS plus de trente années après ma première recherche originale (12).

De plus, j’ai ridiculisé les dermatologues en leur démontrant que le kétoconazole (Ketoderm) avait des propriétés anti-leucotriènes (13) donc anti-allergiques marquées et que le gluconate de lithium (Lithioderm) n’avait aucune activité (14) contre Pityrosporum, leur dernière « invention » pour vendre n’importe quelle crème !

Depuis mars 2010, j’ai eu la chance de tester un pain dermatologique à base de sels de la mer morte ainsi qu’une crème hydratante contenant aussi des sels de la Mer Morte publié sur mon blog ainsi que sur certains forums consacrés à la DS.

Mon hypothèse concernant la modulation de la communication des mastocytes tissulaires par des solutions salées avec une haute conductivité (15) rejoint les travaux de Jacques Benveniste, chercheur génial qui avait raison avant tout le monde, comme cela est toujours le cas dans la recherche.

L’haptène nicotine n’était pas « intéressant » pour l’étiologie de la dermite soi-disant séborrhéique mais par contre était rentable pour le développement d’un vaccin inutile et risqué, une recherche de plus de dix années pour des résultats nuls (16).

En conclusion, « le changement, c’est maintenant » mais malheureusement on ne peut que constater la lenteur avec laquelle le système avance: la communication ultra rapide aura eu raison des misérables qui voulaient absolument empêcher toute recherche sur la dermite séborrhéique…et cela n’est pas fini :

http://www.dermiteseborrheique.net/

Je serais même tenté d’écrire que « l’émancipation des patients sera l’oeuvre des patients eux-mêmes ou ne sera pas ». Donc, à chaque « patient / impatient » de lutter avec une argumentation cohérente et ainsi on apprend que la solution n’appartient pas à ceux qui veulent parler en notre nom et qui ont ingurgité comme des perroquets un savoir encyclopédique inutile  !

(1) Sudan BJL : Contribution à l’étude du rôle allergénique de la fumée de tabac. Le tabac : un allergène, la nicotine : un haptène, Allergie et Immunologie, 1978, 10, 36-54.

(2) http://www.lesitedbf.com/reunions/2493

(3) Escande JP: « Dermatologie » in Pathologie Médicale, H. Péquignot (Masson, Paris, 1975, page 140)

(4)  Sudan BJL: Tobacco smoke sensitivity: a result of allergy? Annals of Allergy, 1987, 23, 223-224.

(5) Davenas E, Beauvais F, Amara J, Oberbaum M, Robinzon B, Miadonna A, Tedeschi A, Pomeranz B, Fortner P, Belon P,  Sainte-Laudy J, Poitevin B & Benveniste J: Human basophil degranulation triggered by very dilute antiserum against IgE, Nature 333, 816 – 818 (30 June 1988).

(6) Sudan BJL: Breathing other people’s smoke. British Medical Journal, 1978, 2, 895.

(7) Burton JL, Pye RJ. Seborrhea is not a feature of seborrheic dermatitis. British Medical Journal, 1983, 286: 1169-1170.

(8) P.G. Unna: Das seborrheische Ekzem, Monatsheft für praktische Dermatologie, 1887, 6, 827.

(9) https://www.bernardsudan.net/post/La-recherche-fran%C3%A7aise-et-l-influence-orient%C3%A9e-et-n%C3%A9faste-de-l-industrie-du-tabac2

(10) http://www.carevox.fr/sante-maladies/article/la-recherche-francaise-et-l

(11) http://blogs.mediapart.fr/blog/bernard-sudan/230612/la-recherche-francaise-et-linfluence-orientee-et-nefaste-de-lindustri

(12) Kerr K, Schwartz JR, Filloon T, Fielo A, Wehmeyer K, Szepietowski JC, Mills KJ. Scalp Stratum Corneum Histamine Levels : Novel Sampling Method Reveals Association with Itch Resolution in Dandruff/Seborrhoeic Dermatitis Treatment. Acta Derm Venereol. 2011 Feb 21.

(13) J.R. Beetens, W. Loots, Y. Somers, M.C. Coene and F. de Clerck. Ketoconazole inhibits the biosynthesis of leukotrienes in vitro and in vivo. Biochemical Pharmacology, 1986, 35, 883-891.

(14)  J. Boyle, J.L. Burton, J. Faergemann: Use of topical lithium succinate for seborrhoeic dermatitis. British Medical Journal, 1986, 292: 28.

(15) https://www.bernardsudan.net/post/Dermite-s%C3%A9borrh%C3%A9ique-et-conductivit%C3%A9-de-l-eau-sal%C3%A9e%3A-la-solution-%C3%A9lectromagn%C3%A9tique2

(16) https://www.bernardsudan.net/post/CYTOS%3A-vaccin-anti-nicotine%2C-bilan-d-une-d%C3%A9cennie-sans-r%C3%A9sultats-et-mis%C3%A8re-de-la-recherche-en-biologie-mol%C3%A9culaire-et-des-biotechnologies.5

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