La nicotine bientôt détectable avec un smartphone

Une récente étude de chercheurs américains avec Seung-Wuk Lee du département de bio-ingénierie de l’université de Californie à Berkeley pourrait bouleverser rapidement nos méthodes de détection notamment pour la nicotine actuellement mesurée soit dans les urines ou soit dans le sérum de non-fumeurs afin de détecter l’inhalation passive de fumée de tabac ou de vapotage passif de nicotine:

Biomimetic virus-based colourimetric sensors, Seung-Wuk Lee et collègues, Nature communications, 21 janvier 2014

http://www.nature.com/ncomms/2014/140121/ncomms4043/full/ncomms4043.html

En effet, le dispositif mis au point par ces chercheurs permet de détecter des substances toxiques dans l’environnement, notamment le trinitrotoluène (TNT) lorsque les concentrations dépassent 300 molécules par milliard !

Cette recherche a été possible grâce à l’observation initiale de dindons, « oiseaux à sept têtes » en coréen ou japonais, qui ont la faculté de changer la couleur de leur crête selon l’organisation de leurs fibres de collagène présentes à l’intérieur.

Le capteur mis au point par les chercheurs reproduit le mode d’organisation des protéines de collagène selon l’état d’excitation de l’animal, si elles sont comprimées ou gonflées, la lumière est absorbée différemment.

Ensuite à partir d’un virus modifié et inoffensif qui est similaire au collagène du dindon, ils ont pu développer un biocapteur capable de changer de couleur selon la concentration d’une substance précise dans l’air. Ils ont ensuite créé un registre de différentes molécules ayant leur couleur spécifique qui sont facilement détectables avec un smartphone ayant l’application spécifique IColor Sensor.

Les nouvelles perspectives avec leurs multiples applications dans de nombreux domaines dont la santé ouvrent de nouvelles voies peu coûteuses et pourraient bouleverser rapidement notre mode de vie.

Comme le souligne fort bien le journaliste du Figaro, Marc Cherki qui a eu la possibilité de communiquer avec le chercheur Seung-Wuk Lee, le chercheur Jacques Benveniste qui était nettement en avance sur son temps travaillait déjà sur le même sujet:

« Un détecteur de substances toxiques inspiré des émotions du dindon » par Marc Cherki, le Figaro du 30 janvier 2014:

http://www.lefigaro.fr/sciences/2014/01/30/01008-20140130ARTFIG00061-un-detecteur-de-substances-toxiques-inspire-des-emotions-du-dindon.php

« C’était déjà l’objectif de Jacques Benveniste, le chercheur français accusé de tromperie avec ses travaux sur la mémoire de l’eau financés par un laboratoire homéopathique. Après sa mise au ban de la communauté scientifique, il travaillait sur la mise au point d’un détecteur pour mesurer, sans contact, des substances nocives »

On voit ainsi, dix années après le décès de Jacques Benveniste, un chercheur hors norme et visionnaire, qu’une certaine France obscurantiste a fait perdre des possibilités incroyables de détection simplement parce que l’immense majorité des soit-disants chercheurs français dont Georges Charpak « n’y croyaient pas » ! Ironie du sort, Jacques Benveniste publiait ses premiers travaux dans Nature en 1988 et les chercheurs américains viennent de publier dans la revue Nature Communications

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