Furonculose et ortie (Urtica dioica) : une alternative aux antibiotiques

L’ortie piquante (Urtica dioica) était considérée comme une panacée au Moyen-Âge pour ses multiples vertus, spécialement dépuratives.

J’ai eu l’occasion d’observer les effets surprenants de l’ortie alors que je développais des furoncles isolés dont l’origine était inconnue (analyse sanguine normale) au niveau des membres inférieurs.

L’antibiothérapie orale était nécessaire mais vu la répétition de ces furoncles isolés et une hypersensibilité à la pristinamycine (Pyostacine®), une molécule de la classe des synergistines (éruption cutanée) similaire à une réaction avec la virginiamycine (Staphylomycine®) plusieurs décennies auparavant (allergie croisée dans la même classe pharmacologique des synergistines), j’ai alors envisagé de chercher une autre solution thérapeutique.

Suite au conseil avisé d’une connaissance début novembre 2012, j’ai commencé à utiliser une infusion de feuilles d’ortie séchées (Urtica dioica) pendant dix jours (un litre d’eau bouillante sur 3 cuillères à soupe d’ortie pendant environ cinq minutes, filtration et à boire dans la journée).

A ma grande surprise et avec une année de recul, je n’ai plus eu de récidive de furoncles.

La prise quotidienne d’un litre d’infusion d’ortie a été diurétique pendant les dix jours suggérant un drainage cutané avec élimination des toxines impliquées dans la furonculose (spécialement le staphylocoque).

Dans la littérature classique en pharmacognosie de Jean Bruneton (1), on ne retrouve cependant pas l’indication de cette plante contre la furonculose. Par contre, nous retrouvons cette indication dans le livre de T. Cecchini (2).

Mon observation est maintenant confirmée par une étude pharmacologique et toxicologique publiée récemment:

http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/23036051

démontrant une activité antibactérienne marquée ainsi qu’un spectre large d’activité pharmacologique (antidiabétique et antiinflammatoire) en utilisant les méthodes classiques de recherche.

L’effet antiinflammatoire observé est notamment similaire à celui de l’indométacine http://fr.wikipedia.org/wiki/Indom%C3%A9tacine mais sans les effets secondaires de cette molécule.

En conclusion, il apparaît nécessaire de réévaluer l’utilisation des plantes médicinales et spécialement de l’ortie dans un certain nombre de syndromes et particulièrement la furonculose, évitant ainsi les problèmes d’allergies et de résistances aux antibiotiques.

(1) Pharmacognosie. Phytochimie, Plantes médicinales: pages 756-758. Jean Bruneton, 3ème Edition, Editions Lavoisier, Cachan, 2005

(2) Encyclopédie des Plantes Médicinales: pages 308-309. T. Cecchini, Editions de Vecchi, Paris, 2003.

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